
Fondateur et Directeur général de Hit Radio – première radio musicale à destination de la jeunesse marocaine – Younes Boumehdi oeuvre pour la promotion de la culture à destination de la jeunesse africaine. L’ASFE revient sur son parcours et son engagement.
J’ai grandi dans les années 90 à Rabat, à une époque où il n’existait que des radios publiques au Maroc, avec une offre musicale limitée et peu adaptée aux jeunes.
Lors de mes études en France, j’ai découvert l’univers des radios libres, un véritable espace de liberté, d’expression et de diversité musicale. Cela m’a convaincu de tenter l’aventure au Maroc. Dès 1993, j’ai entrepris les démarches pour obtenir une licence et lancer Hit Radio, mais il a fallu attendre plus de 13 ans avant que ce projet ne voie le jour.
L’objectif était clair : créer une radio par et pour la jeunesse, qui diffuse de la musique moderne, soutienne les artistes émergents et soit un espace de dialogue et de liberté dans un Maroc en pleine transformation.
Le principal obstacle était le monopole de l’État sur l’audiovisuel, qui ne permettait pas à des radios privées d’émerger. J’ai dû attendre les réformes engagées par Sa Majesté le Roi Mohammed VI dans les années 2000 pour que la libéralisation du secteur soit enfin une réalité.
Au-delà des aspects réglementaires, il y avait aussi le défi de convaincre des banques de financer l’investissement et des annonceurs, dans un marché publicitaire encore peu structuré. La jeunesse avait soif d’un média qui lui ressemble, et c’est cet engouement qui a permis à Hit Radio de s’imposer.
Nous avons misé sur trois éléments clés :
L’Afrique est un continent jeune, dynamique, en pleine transformation, avec une grande appétence pour la musique et les nouveaux médias. J’ai toujours cru que la jeunesse marocaine et africaine partageait les mêmes aspirations, les mêmes rêves et les mêmes défis.
Notre expansion s’est faite naturellement, d’abord dans des pays où la demande était forte, puis au gré des opportunités et des synergies locales. Aujourd’hui, Hit Radio est présente dans une dizaine de pays africains où elle a réussi à s’imposer dans le top 3 des audiences.
Nous avons fait le choix de respecter les identités culturelles de chaque pays, tout en conservant l’ADN de Hit Radio. Cela passe par :
Nous travaillons sur plusieurs axes de développement :
L’objectif est de continuer à être un média convergent qui accompagne et représente la jeunesse africaine, en s’adaptant aux nouvelles habitudes de consommation des médias.
La culture, et la liberté qui lui est attachée, est un levier essentiel pour le développement économique et social d’un pays. À travers la Fondation HIBA, que j’ai l’honneur de présider, et la Fondation Génération Libre, nous soutenons la création artistique, l’accès à la culture et l’émergence de talents marocains.
Les médias ont un rôle clé à jouer : ils doivent être des plateformes de découverte, de débat et d’échange, pour faire rayonner la culture continentale à l’international et accompagner les mutations de notre société.
